La WWF appelle 25 entreprises françaises à changer rapidement

Article publié le 27/04/2016 - Info - Écoresponsables - Alimentation/Boisson

Publiant les résultats de son étude concernant la production de 16 matières premières, WWF liste 25 entreprises françaises dont les changements auraient un impact majeur sur l'environnement. Parmi elles, 6 sont des chaînes de supermarchés.

Consommatrices de matières premières fournies par des filières ne respectant pas les critères de production durable et détruisant les écosystèmes de diverses parties du monde, 100 entreprises ont été classées par l'ONG WWF comme devant rapidement réduire leur impact environnemental. Pour effectuer ce classement, l'ONG s'est intéressée à 35 régions du monde qu'elle a classé en tant qu'écorégions prioritaires et dont l'écosystème, la faune et la flore présente doivent être préservés pour sauvegarder la biodiversité sur Terre. Si elles sont au nombre de 238 selon les critères de l'association, l'étude présentée cette année se focalise uniquement sur 35 d'entre elles situées en Amazonie, dans le bassin du Congo, Bornéo et Sumatra ou encore dans le grand Mékong. 

16 matières premières puisées sans durabilité

Au travers de son Initiative globale de transformation des marchés (Market Transformation Initiative), WWF a mis en lumière 16 matières premières dont l'exploitation, la culture, le prélèvement ou le mode de production menacent directement 35 écorégions prioritaires. Sans surprise, sont ainsi listés l'huile de palme, le soja, le bois, le coton et la pâte à papier. Mais à ceux-là s'ajoutent les ressources halieutiques comme le saumon, le poisson blanc, les crevettes sauvages et d'élevage ou les farines de poisson, mais aussi l'hévéa, les produits laitiers, le bœuf et la canne à sucre

Chacune de ces ressources est, par ailleurs, protégée par des labels et des certifications permettent d'assurer une production responsable et durable, mettant à la fois l'accent sur la préservation de la nature, mais aussi sur les conditions de travail dans les exploitations. Bien connu du grand public, le Forest Stewardship Council (FSC) est ainsi destiné aux exploitations forestières durables quand Bonsucro se focalise sur le sucre de canne et la RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil) sur l'huile de palme. Toutefois, si ces garanties environnementales existent, elles ne sont pas pour autant le critère principal de choix d'approvisionnement pour de très nombreuses entreprises à travers le monde, à commencer par certaines grandes entreprises françaises.

25 firmes françaises qui pourraient changer le monde 

Les 25 entreprises françaises listées par la WWF ont, selon l'association, le pouvoir de changer partiellement le monde tel qu'on le connaît et de participer directement à la préservation de la planète. Mais ce n'est pas via l'un de leurs nouveaux produits, de leurs campagnes publicitaires ou par une offre commerciale, mais tout simplement en changeant leur manière de produire ou de s'approvisionner. Elles ont ainsi été choisies parce qu'elles " impactent le plus les écosystèmes terrestres et marins " précise l'ONG dans son rapport, mais également parce qu'elles " présentent un chiffre d’affaires lié aux achats, à la vente ou la transformation de ces matières premières renouvelables qui les place en tant qu’acteur majeur du changement "

Si les entreprises de ce classement ne sont toutes productrices des ressources pour lesquelles elles se retrouvent incriminées, elles sont tout de même des clients incontournables s'approvisionnant auprès de fournisseurs dont les modes de production sont décriés par les ONG environnementales. Et parmi les 100 entreprises impactant le plus ces 35 écorégions prioritaires via leur politique d'approvisionnement pour les 16 matières premières évoquées plus haut, 25 sont françaises. Ainsi, Michelin est pointé du doigt pour son approvisionnement en hévéa, Total pour l'huile de palme et Tereos (Béghin-Say, La Perruche…) pour la canne à sucre. Les entreprises de construction (Bouygues, Bolloré, Vinci, Eiffage…) sont, elles, principalement mises en cause dans l'approvisionnement du bois qu'elles utilisent. 

Mais pour trouver les réels champions de ce classement, il est nécessaire de regarder plutôt du côté de l'alimentaire et des supermarchés. Pour Danone, ce sont les circuits d'approvisionnement et de production de la pâte à papier, du soja, de l'huile de palme, des produits laitiers et de la canne à sucre qui sont critiqués. Même son de cloche pour Lactalis (Président, Salakis, La Laitière, Bridel…), Sodiaal (Candia, Entremont, Yoplait, Richemonts…) et Savencia (Tartare, Saint Môret, Elle & Vire, Caprice des dieux...). 

D'autre part, les multinationales Sodexo et Elior, toutes deux spécialisées dans la restauration collective (hôpitaux, cantines scolaires et d'entreprises…), pourraient être génératrices de changements si elles modifiaient leur comportement d'achat et d'approvisionnement pour 14 des 16 matières premières mises en avant par la WWF. Quant aux chaînes de supermarchés Carrefour, Auchan, Casino, E. Leclerc, Les Mousquetaires et Système U, seul l'hévéa les sauve de faire un carton plein dans ce classement.

Des progrès depuis 2009

Profitant de ce rapport, l'ONG distribue également des bons points aux entreprises concernées et ayant d'ores et déjà commencé à changer leur politique d'approvisionnement ou de production, entre 2013 et 2015. Ainsi, 66 des 100 entreprises ciblées par la WWF ont pris des engagements avec des échéances d'applications pour au moins une des 16 matières premières concernées par l'initiative de transformation des marchés. Ces deux dernières années, Greenpeace a ainsi salué les efforts de Systèmes U dans l'approvisionnement du thon en boîte vendu sous sa marque distributeur quand Les Mousquetaires et sa filiale Scapêche ont mis en place un plan pour arrêter la pêche en eau profonde, le distributeur étant l'un des principaux armateurs en Europe. 

Plus globalement, les matières premières produites et transformées en suivant les critères de labels ou certifications reconnues ont connu une progression plus ou moins importante entre 2009 et 2015. La production de pâte à papier et le papier certifiés FSC représente ainsi 62 % de la production mondiale contre 52 % en 2009. Le poisson blanc labellisé MSC (Marine Stewardship Council) est passé de 19 % à 67 % quand l'huile de palme provenant de plantations durables représentait 20 % en 2015 (1 % en 2009). Les achats de soja certifiés RTRS (Roundtable on Sustainable Soy) ont, quant à eux, augmenté de 46 % en 2015.

Article rédigé par Nawal Lyamini
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