Ségolène Royal bannit le Roundup Monsanto des jardineries

Article publié le 15/06/2015 - Santé - Écoresponsables - Déco / Maison

Poussée par le rappel des échéances du plan Ecophyto, Ségolène Royal a annoncé l'encadrement de la vente des herbicides, dont le Roundup de Monsanto. Dans la bataille contre les pesticides, elle rêve aussi « qu'un jour, tous les vins soient bios ».

Le pesticide, dont le nom est tristement connu aux quatre coins du monde, va-t-il être interdit en vente libre ? La réponse reste encore assez floue, car si les ministres de l'Écologie et de l'Agriculture ont annoncé le 11 juin dernier, l'interdiction de commercialisation des herbicides en libre-service dans les jardineries, ils ne disparaîtront pas pour autant des rayonnages des magasins, aussi bien pour les agriculteurs que pour les jardiniers amateurs. 

" Arrêter de mettre en vente libre le Roundup de Monsanto "

Composé de glyphosate, le Roundup est constamment pointé du doigt pour ses impacts désastreux sur les sols, les eaux, mais aussi la santé humaine. Son principe actif, reconnu comme " probablement cancérigène pour l'homme " par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) depuis cette année, n'est pas une exclusivité de Monsanto et se retrouve dans d'autres types d'herbicides professionnels ou pour un usage domestique, comme le rappelle le communiqué de la CLCV, adressé aux institutions sanitaires françaises et européennes le 5 juin dernier.

L'Association nationale de défense des consommateurs y rappelle que " cette substance et son principe actif […] ont été retrouvés dans les produits alimentaires, les eaux et les sols ", présentant de potentiels risques pour la santé humaine, animale et pour l'environnement. Interpellant le gouvernement sur cette question, la CLCV a demandé à ce qu'une étude approfondie, concernant leurs impacts sur les agriculteurs, les jardiniers amateurs et les riverains des zones de forte utilisation, soit faite rapidement. En attendant, l'association de consommateurs espérait que le gouvernement suspende " par mesure de précaution, les ventes en libre-service de ce produit ". 

Dégainant le plan Ecophyto, les ministres de l'Écologie et de l'Agriculture ont alors exaucé ce souhait, le 11 juin. Dans un communiqué, ils ont annoncé l'interdiction de vente en libre-service des herbicides dans les jardineries, à partir du 1er janvier 2018, afin que " l'accès aux produits phytosanitaires pour les jardiniers amateurs ne puisse plus se faire que par l'intermédiaire d'un vendeur certifié ", capable d'informer les clients sur les législations et les alternatives aux pesticides. Priée de se prononcer sur le sort du produit phare de Monsanto, Ségolène Royale a également précisé au journal de France 3 qu'elle avait demandé aux jardineries d'arrêter de mettre vente libre le Roundup de Monsanto ". La loi Labbé, votée dans le cadre du plan Ecophyto, prévoit elle d'interdire complètement la vente de produits phytosanitaires aux particuliers, à partir de 2022.

Générations Futures souligne les contradictions

Si la guerre des pesticides est déclarée, notamment via le plan Ecophyto lancé en 2013, les mesures sont distillées au compte-gouttes. Dans un communiqué, l'association Générations Futures demande des précisions sur la mise en place de ces mesures, et notamment sur la date de leur entrée en vigueur. Espérant que ces annonces ne sont pas une opération de communication du gouvernement, elle souligne que le Roundup restera accessible aux jardiniers amateurs, sa vente restant autorisée même s'il sera encadrée.

L'association, qui avait déjà tiré la sonnette d'alarme en 2013 concernant 40 pesticides interdits par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) et encore commercialisés en France, a fait savoir qu'elle restait très vigilante " à ce que de simples opérations de communication gouvernementale ne remplacent pas le nécessaire retrait des autorisations de mise en marché de ces produits à base de glyphosate, tant pour l’usage amateur qu’agricole ".

Interrogée par France 3, Ségolène Royal a également évoqué " le grand avenir du vin " français, qui est de transformer les exploitations viticoles, pour " qu'un jour, tous les vins soient bio ", répondant aux chartes de l'agriculture biologique ou des vins naturels. Au-delà de la santé des consommateurs, la ministre a mis l'accent sur les cancers liés à la respiration des pesticides chez les professionnels du vin. " La France doit être à l'offensive sur l'arrêt des pesticides […] et sur l'arrêt des pesticides dans les jardins ", pour privilégier les alternatives naturelles et écoresponsables. 

Article rédigé par Nawal Lyamini
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