Coca et Pepsi s'engagent-ils vraiment à baisser le taux de sucre ?

Article publié le 13/10/2014 - Santé - Alimentation/Boisson

Plusieurs producteurs de boissons sans alcool, dont Coca-Cola et PepsiCo, ont signé des accords en France et aux États-Unis, s'engageant à réduire le nombre de calories et de sucre dans leurs boissons, durant les prochaines années.

Les consommateurs de boissons sucrées sont de plus en plus inquiets des effets néfastes de ce type de produits sur leur santé, des préoccupations qui commencent sérieusement à peser sur ce marché. Aussi, l'American Beverage Association (ABA) regroupant bon nombre d'entreprises du secteur aux États-Unis a annoncé la mise en place de mesures visant à réduire le nombre de calories ingérées par les consommateurs, par le biais des boissons.

Parmi les membres de l'ABA, on retrouve des géants du secteur tels que The Coca-Cola Company, PepsiCo, Snapple (Dr. Pepper) ou encore Red Bull. Toutes viennent de s'engager, aux côtés de l'Alliance for Healthier Generation (AHG) et la fondation Clinton, dans une politique de réduction de l'obésité aux États-Unis en proposant aux clients « plus de choix, de plus petites portions et moins de calories », comme le précise l'ABA dans un communiqué.

Pour cela, le site « Mixify » ayant pour but d'informer les consommateurs et leur donner des informations concrètes sur leurs régimes alimentaires vient d'être lancé. Semblable à la campagne de communication « Manger, bouger » en France, cette opération devrait être déployée sur tout le territoire américain. Sur le long terme, l'organisation précise vouloir atteindre « une réduction de 20 pourcents des calories venant des boissons consommées par personne d'ici dix ans». De même, les publicités devront se tourner majoritairement vers les eaux et les jus de fruits, au détriment des sodas et des boissons énergisantes.

Un accord pour réduire le taux de sucre signé en France

Jeudi dernier, le ministre de l'agriculture et de l'agroalimentaire Stéphane Le Foll a rencontré le Syndicat national des boissons rafraîchissantes (SNBR), représentant des groupes tels que Coca-Cola, PepsiCo France, Nestlé Waters, Danone, Refresco ou Orangina Schweppes. Selon un document du ministère, le SNBR « représente 5 entreprises pesant plus de 80% du marché des Boissons rafraîchissantes sans alcool (BRSA) ». Lors de cette rencontre a été signé un accord visant à réduire l'impact des boissons sucrées sur l'obésité en France.

Il engage ces entreprises à « diminuer de 5% le taux moyen de sucres de l'ensemble des BRSA entre 2010 et 2015 par le biais de différents leviers ». Les propositions du gouvernement comportent une baisse du sucre « sans remplacement par des édulcorants » et la commercialisation de boissons moins sucrées. Une aubaine pour Coca-Cola et Pepsi qui viennent tout juste de lancer des versions de leurs boissons phares (« Pepsi True » et « Coca-Cola Life ») sucrées à la stevia. Interrogé par le magazine Challenges, l'économiste Frédéric Bizard a mitigé cette avancée dans le secteur de la santé publique.

« Je serai fort étonné que Coca-Cola ait accepté de modifier la recette de son célèbre soda pour le seul marché français. En revanche, il est vrai que la multiplication de produits édulcorés à l'aspartame et à la stevia, va permettre aux fabricants d'afficher un taux de sucre plus bas pour l'ensemble de leur production ».

Un encadrement de la publicité et de l'utilisation de l'eau

Aux États-Unis, certaines de ces marques ont d'ores et déjà signé le Children Food and Beverage Advertising Initiative, réglementant la publicité destinée aux enfants. De ce fait, elles se sont engagées à seulement diffuser des publicités pour de l'eau, des jus de fruits ou des boissons à base de lait, durant les heures de grande écoute des enfants de moins de 12 ans. Avec l'accord signé en France, les entreprises du SNBR ne devraient désormais « plus faire de publicité télévisuelle ou internet pour les BRSA dans les émissions dont l'audience est constituée de plus de 35% d'enfants de moins de douze ans ».  

D'autre part, ces firmes se sont également engagées à réduire leur impact écologique, avec une baisse du nombre de litre d'eau nécessaire à la fabrication de ces boissons « d'au moins 15% », pour une économie espérée de 600 millions de litres d'eau chaque année. En revanche, aucune sanction ni aucune mesure n'ont été prévues pour vérifier la mise en place réelle de ces engagements par les producteurs de boissons, comme le souligne l'article du site Challenges. Quant à certains de ces produits contenant parfois de la caféine, ils pourraient se voir bientôt appliquer la taxe sur les boissons énergisantes, après la plainte déposée par Red Bull. 

Article rédigé par Nawal Lyamini
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