L’épicerie ambulante qui adapte ses prix à sa clientèle

Article publié le 10/08/2016 - Circuits alternatifs - Alimentation/Boisson

Faute d’accès ou de moyens suffisants, se nourrir sainement est hors de portée pour beaucoup de gens. À Saint-Louis, au États-Unis, le bus MetroMarket tente d’inverser la tendance : si vous ne pouvez aller à l’épicerie, l’épicerie viendra à vous.

Que les raisons soient financières ou géographiques, une bonne alimentation n’est pas forcément accessible à tous. Les chips, burgers et autres sodas deviennent des substituts de nourriture avec des conséquences parfois désastreuses sur la santé. Cette question sanitaire préoccupante trouve un début de réponse dans l’initiative de Jeremy Goss, étudiant en médecine à l’université de Saint-Louis (Missouri), aux États-Unis : l’autobus St. Louis MetroMarket.

Jeremy n’est pas seul à l’origine du MetroMarket, il a deux comparses : Colin Dowling et Tej Azad, qui sont étudiants eux aussi. Le véhicule que leur a offert la municipalité de Saint-Louis a été repeint de couleurs vives puis équipé de façon à pouvoir présenter fruits, légumes et autres denrées que l’on trouve habituellement dans les épiceries. Il sillonne maintenant les quartiers défavorisés et les food deserts, littéralement "déserts alimentaires", de Saint-Louis et sa périphérie.

La particularité de ce MetroMarket est qu’il pratique deux gammes de prix, accessibles par le biais d’une carte de membre qui coûte 150 $. Ce Fresh Pass sera acheté par le client qui vit en zone de food desert mais au-dessus du seuil de pauvreté, ou bien subventionné par des entreprises (qui deviennent de ce fait partenaires) ou la municipalité pour les plus démunis. Ces derniers bénéficient alors, sur des prix déjà volontairement très bas, de remises supplémentaires allant jusqu’à 40%.

Un projet communautaire

Ces deux gammes de prix sont la base de l’équilibre financier du MetroMarket (sans perte ni profit), qui fonctionne également grâce à des subventions et des dons. Les communautés de Saint-Louis sont de plus très investies dans le projet. Les légumes, fruits, viandes ou laitages disponibles à bord proviennent de fermes et d’éleveurs locaux ou de jardins collectifs. À l’extérieur de ce petit marché ambulant, des bénévoles présentent des recettes de cuisine ou informent sur les qualités nutritionnelles des produits.

Enfin, Jeremy Goss considérant qu’une nourriture saine doit être vue comme un traitement médical lorsque son insuffisance met la santé en danger, il a (facilement) convaincu le Cardinal Glennon Children’s Hospital de Saint-Louis de délivrer des ordonnances adéquates. Ainsi, lorsqu’une carence est détectée chez un enfant qui passe son examen annuel obligatoire, il repartira avec une prescription de fruits ou de laitages qu’il pourra obtenir gratuitement à bord du MetroMarket.

Photos : Marcus Stabenow / St. Louis MetroMarket

Article rédigé par Cécile Lessard
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