Adoptée le 29 avril dernier, la stratégie nationale contre les perturbateurs endocriniens comporte des mesures concrètes, applicables par les industriels. Parmi celles-ci, la ministre du développement durable Ségolène Royal demande la suppression du bisphénol A dans les tickets thermiques. Omniprésents dans la sphère commerciale, ces derniers regroupent les tickets de caisse et les reçus bancaires. Déjà en mars 2013, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) avait fait part de ses conclusions dans un rapport d'expertise sur les risques du bisphénol A sur la santé humaine.
« Concernant l’évaluation spécifique des risques liés à la manipulation ou l’usage de produits et/ou articles destinés au grand public contenant du BPA, selon les résultats des calculs d’exposition, la manipulation de tickets thermiques conduit à des situations à risque pour les 4 types d’effets considérés : glande mammaire, cerveau et comportement, appareil reproducteur féminin, métabolisme et obésité. Selon les hypothèses retenues, le risque concerne les enfants à naître des femmes enceintes manipulant des tickets thermiques, du fait de leurs activités professionnelles et/ou de consommation»
Toutefois, il y est également précisé que les hypothèses retenues pour l'étude pourrait amener une surestimation des risques. Aussi, le gouvernement s'est engagé à poursuivre et intensifier la recherche sur les perturbateurs endocriniens. De même, le bisphénol A a déjà été banni des contenants alimentaires destinés aux enfants de moins de 3 ans, depuis le 1er janvier 2013. Cette loi sera aussi étendue au reste des conditionnements alimentaires et entrera en vigueur le 1er janvier 2015. Si la France interdira l'utilisation de ce composé chimique dans les tickets thermiques au 1er janvier 2015, elle proposera prochainement cette loi à la Commission européenne. D'ici là, Ségolène Royal appelle d'ores et déjà les industriels, les commerces et les entreprises bancaires à anticiper cette mesure. Il est à noter que l’État français avait également été un précurseur dans l'interdiction d'utilisation du bisphénol A dans les biberons, en 2010.
Également présents dans les produits de beauté et d'hygiène ou les objets en plastique, les perturbateurs endocriniens ne se résument pas seulement au bisphénol. Aussi, Ségolène Royal devrait travailler conjointement avec le ministre de l’Économie Arnaud Montebourg et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes afin de « cibler les contrôles sur les phtalates dans les jouets ». Ces derniers sont des composés « interdits en raison de leurs propriétés de toxiques pour la reproduction et perturbateurs endocriniens ». De même, cinq substances seront expertisées par l'Anses au cours de l'année. Ces dernières regroupent certains conservateurs utilisés dans les boissons, les cosmétiques, les produits pharmaceutiques, les jouets ou les articles de puéricultures.
Par ailleurs, un article répondant aux questions les plus courantes concernant les perturbateurs endocriniens a été mis en ligne sur le site du Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie.
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