S'appuyant sur l'article 2 du Traité et principes des Nations unies relatifs à l'espace extra-atmosphérique, María Ángeles Durán a fait enregistrer le Soleil à son nom, auprès d'un notaire en Espagne. Depuis 2010, elle est donc l'heureuse propriétaire de l'astre principal de notre système, qu'elle souhaitait mettre en vente aux enchères, avant que Ebay ne vienne lui mettre des bâtons dans les roues.
À cheval sur ses principes, la société américaine a ainsi fait retirer les annonces de l'Espagnole sous prétexte qu'elle vendait un objet ne pouvant pas être transporté ni touché. De ce fait, les ventes organisées par María Ángeles Durán ne respectaient pas les clauses d'utilisation du site. Qu'à cela ne tienne, la propriétaire du soleil ne compte pas se laisser faire et attaque Ebay en justice. De son côté, elle estime que l'on profite tous, propriétaire ou non d'une parcelle, de la chaleur procurée par ses rayons et de la lumière de cette étoile. Ses bienfaits sont donc tactiles et visibles, transportables partout avec soi (ou presque).
Prise au sérieux, la demande de la femme de 52 ans va prochainement passer devant un tribunal espagnol ayant validé la procédure. La question est de savoir si le document stipulant que María Ángeles Durán est la propriétaire de l'« étoile spectrale de type G2, située au centre du système solaire, à une distance moyenne de 149.600.000 kilomètres de la Terre », a une quelconque validité juridique et donc si les reventes ne sont pas des fraudes. Selon le Conseil supérieur du notariat français interrogé par Le Figaro, le document ne peut aucunement être considéré comme un acte de propriété. Un avis qui est partagé par leurs collègues espagnols.
Si en Europe la question fait débat, outre-Atlantique offrir une étoile ou une parcelle sur une planète n'est pas une nouveauté. Précurseur dans l'immobilier extra-terrestre, Dennis M. Hope s'est offert une myriade d'étoiles et est ainsi propriétaire de la Lune, Mercure, Vénus, Io et leurs lunes. Après en avoir réclamé la possession aux Nations unies, il a alors pris l'absence de réponse de la part de l'institution comme une autorisation validée, créant par la même occasion Moon Estate.
Sa société se charge de vendre, via son site internet, des parcelles sur ces astres. Interviewé par le magazine Vice, il annonçait en 2013 avoir " vendu 300 millions d'hectares sur la Lune, 160 millions sur Mars et 62 millions sur Vénus, Io et Mercure combinés ". Ses six millions de clients situés dans 193 pays différents comptent même George W. Bush ou Ronald Reagan, à qui des parcelles ont été offertes, mais également les hôtels Hilton. Reste à savoir ce que les entreprises propriétaires de parcelles dans l'Espace comptent en faire !
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