Membre fondateur de l'association Solidarité des producteurs agricoles et des filières alimentaires (Solaal), la fondation Carrefour continue de s'investir dans le don alimentaire, en mettant une partie de son réseau logistique à disposition des agriculteurs et des associations d'aide alimentaire.
Actuellement testée en Bretagne, l'initiative consiste à jouer le rôle de relais pour le transport de denrées données par les agriculteurs. De ce fait, les problèmes de logistique et de transport, véritables freins pour la solidarité alimentaire, sont en partie contournés. Ainsi, les professionnels du secteur agricole ayant des surplus de marchandises peuvent en informer les Chambres d'agriculture. Celles-ci transmettent ensuite les offres à Solaal qui organise leur retrait dans les exploitations. C'est à ce moment-là que le service Supply Chain de Carrefour intervient en envoyant des camions, en retour de livraison, récupérer ces denrées. Ces dernières sont ensuite stockées dans l'un des entrepôts de la marque, jusqu'à ce qu'elles puissent ensuite être distribuées aux associations d'aide alimentaire.
Mise en place en mars dernier dans la région de Rennes, cette initiative de logistique solidaire a déjà permis de distribuer 15,5 tonnes de pommes de terre divisées entre la Croix-Rouge, la Banque alimentaire et le Secours populaire. Par ailleurs, Solaal regroupe des entreprises telles que Metro, Delahaye, le marché de Rungis et des associations de producteurs (FNPL, Interfel, UNPT…).
Si le gouvernement veut rendre obligatoire le don alimentaire par les grandes surfaces, il est à noter que cette pratique est déjà appliquée par bon nombre d'enseignes du secteur, sur la base du volontariat. En 2012, les dons alimentaires provenant de 1 400 hypermarchés français représentaient pas moins de 32 millions de tonnes, soit 30 % des denrées collectées. En comparaison, 38 % provenaient du cumul des dons du secteur agricole, de l'industrie agroalimentaire et des particuliers.
Les lois interdisant aux professionnels de donner des produits à base d'oeufs et de lait entier ont d'ailleurs été assouplies fin 2014, ce qui devrait permettre de réduire le taux de gaspillage alimentaire résultant des professionnels de l'agroalimentaire. En revanche, un rapport déposé par le député Guillaume Garot actuellement en discussion à l'Assemblée nationale pourrait interdire la « javellisation » des produits alimentaires, cette pratique rendant impropres à la consommation des denrées jetées, certaines étant encore consommables. D'autre part, ce rapport préconise également la défiscalisation des produits donnés et transformés, une recommandation plébiscitée dans un communiqué de Solaal.
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