La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre en ce début de semaine, l'affiche incriminée se retrouvant placardée dans les médias, bien que retirée depuis des murs du restaurant situé dans le Var.
Après un incident entre un employé et une personne sans domicile fixe le 25 juillet dernier, dont la nature n'a pas été précisée par l'enseigne, le gérant du restaurant Mc Donald's de Hyères a menacé de sanctionner ses employés dans le cas où ils serviraient leurs repas à des personnes sans domicile fixe, comme le précise l'affiche incriminée envoyée par un lecteur au rédacteur en chef du magazine 60 millions de consommateurs.

Face à la déferlante de messages d'indignation postés sur internet, la direction de Mc Donald's France s'est désolidarisée des instructions données par le gérant de Hyères, s'excusant de cet affichage en magasin sur sa page Facebook.
« Nous comprenons parfaitement votre indignation, suite à incident grave impliquant deux sans-abris le soir du 25 juillet devant le restaurant McDonald's de Hyères, le restaurant a affiché des consignes pour prévenir de ces incidents et préserver la sécurité de ses clients. Le procédé comme la formulation se révélant maladroits, la Direction du restaurant a donc rapidement fait retirer l'affiche. McDonald's se joint au restaurant pour présenter ses excuses à toutes celles et ceux que cette affiche a pu choquer et rappelle que l'enseigne a vocation à servir tous ses clients sans aucune distinction et que les faits qui se sont produits en réaction à l'événement du 25 juillet ne traduisent en aucune manière l'état d'esprit de notre enseigne ».
Comme le rappelle Joëlle Marteau-Péretié, avocate et experte pour le magazine L'Obs, certaines formulations du message pourraient mener à des poursuites judiciaires à l'encontre de Mc Donald's. En premier lieu, le terme de « clochards » reste discriminatoire, pointant du doigt une part de la population avec un terme loin d'être respectueux.
D'autre part, les sanctions et les obligations relatives aux employés ne sont tout bonnement pas légales, selon l'avocate, à commencer par l'obligation de prise de repas sur place. Sous certaines conditions, les employés travaillant durant les heures de pointe bénéficient en effet d'un repas considéré comme un avantage en nature, auquel s'appliquent les cotisations salariales.
« Un avantage en nature est un avantage accordé au salarié ayant une valeur monétaire assimilable à un salaire. […] Parce qu'un avantage en nature est un salaire, le salarié peut faire tout ce qu'il souhaite avec ». Les employés sont donc en droit de donner leurs repas à une personne dans le besoin, sans craindre de sanctions. Le contraire serait une « atteinte à la liberté de disposer de ses biens ».
D'autant que la pause reste un moment de liberté pour l'employé, pendant laquelle il ne dépend plus de sa direction. De ce fait, les sanctions annoncées dans le message affiché dans le Mc Donald's de Hyères seraient légales uniquement si l'employé fait don de nourriture sur son temps de travail et non durant sa pause. Malheureusement dans les faits, bon nombre d'employés de la restauration rapide sont contraints par le règlement intérieur de l'entreprise à prendre leur repas sur place, prenant le rôle de communicants muets durant leurs pauses déjeuner.
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